L'institution |
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1 - Un peu d'histoire.
L'organisation de la Nouvelle-Calédonie en trois provinces
a été instituée pour la première
fois en 1989 par la loi référendaire n° 88-1028
du 9 novembre 1988. Cette loi aujourd'hui abrogée, à l'exception
de ses articles 80,81,82, 93, 94, 95 et 96,
est la traduction en termes juridiques et statutaires des dispositions
des Accords de Matignon-Oudinot signés le 26 juin et le
20 août 1988 par le FLNKS, le RPCR et l'Etat français,
après la période des graves évènements
que la Nouvelle-Calédonie a connu entre 1986 et 1988 .
Les provinces mises en place dans le cadre de ce
nouveau statut sont des collectivités territoriales de
la République qui se gèrent librement par des assemblées élues
au suffrage universel. La réunion de ces trois provinces
(province Nord : 15 membres, province Sud : 32 membres
et province des Iles Loyauté : 7 membres) forment
le congrès du Territoire. Le statut fixé par les
Accords de Matignon-Oudinot et mis en ouvre dans le cadre de
la loi référendaire est resté en vigueur
pendant 10 ans, soit de 1988 à 1998. A l'issue de cette
période une nouvelle organisation politique et administrative
de la Nouvelle-Calédonie est intervenue avec l'Accord
de Nouméa et la loi organique du 19 mars 1999.
L'organisation fédérale de la Nouvelle-Calédonie
a ensuite été reconduite à la suite de l'Accord
de Nouméa signé le 5 mai 1998. C'est une loi
organique -
la
loi organique modifiée n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la
Nouvelle-Calédonie - qui met cette fois-ci en place les
3 provinces telles qu'elles existent aujourd'hui. Il s'agit juridiquement
de nouvelles collectivités même si leurs limites
administratives et géographiques n'ont pas été modifiées.
Les provinces issues de l'Accord de Nouméa demeurent des collectivités
territoriales de la République qui s'administrent librement par des assemblées élues
au suffrage universel.
Mais cette fois-ci, la composition de ces assemblées se
distingue désormais en élus siégeant uniquement à l'assemblée
de province et ceux siégeant à la fois à l'assemblée
de province et au congrès de la Nouvelle-Calédonie.
A l'image du Conseil de Paris, celui-ci est donc composé de
l'ensemble des conseillers provinciaux membres de leur assemblée
de province et en même temps élus membres du congrès.
En outre, il faut indiquer qu'à la différence des
provinces instituées en 1988, les provinces actuelles
disposent de compétences beaucoup plus étoffées,
notamment la capacité de négocier et de signer,
sur leurs compétences propres, des conventions de coopération
décentralisée avec des collectivités étrangères,
leurs groupements ou établissements publics. Il faut enfin
ajouter que les provinces issues de l'Accord de Nouméa
constituent les éléments d'un dispositif institutionnel
ayant valeur constitutionnelle puisque l'Accord de Nouméa
lui-même a été porté dans la Constitution
française, en son titre XIII. .
2 - Panorama..
Des trois provinces calédoniennes, la province Nord est
la plus étendue avec 9 560 km², soit 52 % de la superficie
totale du territoire. Lors du recensement de 1996, elle comptait
41 413 habitants sur les 196 836 au total du territoire ( 21
%).
La population de la province Nord avoisine aujourd'hui les
45 000 habitants. Cette population est, comme celles des deux
autres provinces, pluriethnique mais à forte dominante
kanak (+ 75 %). La population d'origine européenne représente
environ 15 % et celle des autres ethnies (tahitiens, wallisiens
et futuniens, indonésiens, ni-vanuatu), 10 %.
Sur le plan de l'organisation administrative et coutumière,
la province Nord compte 17 communes et 199 tribus dont 191 regroupées
en 28 districts coutumiers. Elle est par ailleurs divisée
en 4 aires coutumières dotée chacune d'un conseil
d'aire.
Dotée d'un cadre physique contraignant avec une chaîne
centrale élevée et difficile à franchir,
la province Nord présente deux visages différentes
entre la Côte Est humide et ventée et la Côte
Ouest beaucoup plus sèche. L'ouverture de la route transversale «Koné-Tiwaka » longue
de 65 km, inaugurée en novembre 2000, permet un passage
direct en 1 heure 15 entre les deux côtes, évitant
ainsi les grands détours soit par l'extrême Nord
(Koumac-Ouégoa-Pouébo), soit par le sud ( Bourail-Houaïlou).
3 - Perspectives..
Tournée vers l'avenir, la province Nord offre de belles
perspectives de développement. L'institution provinciale
est prête à soutenir les initiatives pour :
développer et mettre en valeur la façade
maritime provinciale (exploiter une ressource abondante et diversifiée,
développer l'aquaculture et l'exportation),
installer et développer des activités
structurantes (accompagner la mise en place de l'usine métallurgique
du Nord, générer un tissu de PME-PMI moteurs de
l'activité économique du Nord),
renforcer le développement local (revaloriser
les terres et favoriser le maillage d'activités complémentaires),
protéger et valoriser l'environnement (créer
les conditions d'un développement harmonieux et durable),
développer la prévention sanitaire
et sociale (développer les actions de préventions
précoces et de proximité, prévenir l'apparition
d'inadaptations sociales, réduire l'aggravation des maladies),
réduire les marginalisations, asseoir la
priorité à l'emploi local et rendre effectif l'exercice
de la citoyenneté),
accompagner la création de collèges
et d'un lycée dans la province Nord et poursuivre les
aides à la rénovation des établissements
scolaires du secteur privé,
structurer et démocratiser la
pratique du sport et en faire un élément essentiel
d'éducation et d'intégration sociale,
réhabiliter et valoriser la culture du peuple
indigène kanak et donner la plénitude à l'expression
de la diversité culturelle provinciale.
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