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1 - Le développement
durable en province Nord
Né
sur la base de constats environnementaux (et sociaux), le développement
durable est un développement permettant à la génération
présente de satisfaire ses besoins et d'accroître son
bien-être sans compromettre la capacité des générations
futures à faire de même. Cette définition fondatrice
est née du constat de la limitation des ressources disponibles
d'une part, et de la nécessité du contrat entre les
générations quant au maintien de ces ressources d'autre
part. De par son contexte insulaire et ses particularismes écologiques,
la question de la préservation des ressources est particulièrement
critique en Nouvelle-Calédonie, comparativement à
d'autres pays continentaux.
Les trois
volets du développement durable sont :
> Le Développement
économiquement viable : la priorité provinciale
reste l'amélioration des conditions générales
de vie de ses habitants. Brimer toute activité économique
au nom de la protection de l'environnement serait un non-sens, à
l'effet inverse de celui recherché.
>
Le Développement écologiquement soutenable :
le développement économique doit se réaliser
selon des procédés reproductibles sur une durée
indéfinie. Toute activité qui tend à épuiser
une ressource sans la renouveler ou sans trouver une ressource de
substitution prépare sa propre fin : elle ne peut être
soutenue indéfiniment et ne constitue donc pas un moyen de
développement à moyen ou long terme.
> Le Développement
socialement équitable : les solutions de développement
durable ne saurait conduire à une discrimination entre les
individus, quelle qu'en soit le critère. De plus le développement
durable est un modèle de développement qui implique
une équité de traitement entre tous les individus
sans distinction, en particulier vis à vis de principes écologiques
fondateurs : principe de prévention, de précaution,
de participation, et principe du pollueur payeur.
La province Nord a intégré
ces éléments et principes de développement
durable dans le cadre de ses politiques publiques. Cette intégration
est rendue possible par l'attribution aux provinces à la
fois des compétences en matière de développement
économique et en matière d'environnement. C'est pour
cette raison que l'organigramme provincial ne comporte pas de direction
de l'environnement : les questions environnementales sont intégrées
naturellement dans toutes les activités, de même que
le service de l'environnement est intégré au sein
des services de développement économique dans la DDEE
(direction du développement économique et de l'environnement
).
La politique environnementale de la province
Nord consiste donc d'une part à accompagner
le développement économique, et d'autre part à
assurer la préservation
de ses ressources. Cette politique tient compte des spécificités
de son territoire, c'est à dire une richesse
biologique exceptionnelle, mais aussi la place importante des
communautés locales dans la gestion des vastes espaces de
la province Nord.
2 - Histoire du Développement
durable
Le développement
peut se comprendre comme l'accroissement du bien être de chacun.
Cet accroissement, l'homme l'a tout d'abord poursuivi en s'appuyant
sur la notion de l' "homme-maître-et-possesseur-de-la-nature",
source de la satisfaction de ses besoins matériels, cette
satisfaction étant considérée comme la condition
du bonheur, but ultime de l'existence (finalité inscrite
par exemple dans le préambule de la déclaration des
droits de l'homme de 1789 et dans la déclaration d'indépendance
des Etats-Unis de 1776).
Par des innovations techniques
toujours plus poussées, et donc en transformant de façon
toujours plus profonde son environnement, l'Homme a utilisé
le progrès comme un outil au service de sa quête d'un
bonheur matérialiste, parfois sans discernement tant l'idéologie
du progrès alimentait la croyance forcenée en un avenir
toujours meilleur de l'Homme maître de son environnement.
A cet optimisme a été
associé la théorie économique libérale
classique : l'individu laissé libre maximise son activité
économique pour assouvir ses besoins matériel et contribue
par là même à l'accroissement du bien-être
général.
Malheureusement, ce développement
est arrivé à ses limites, car basé sur des
postulats de départ candides, parmi lesquels l'omniscience
des individus, la concomitance du bonheur individuel avec le bien
être collectif et l' "inépuisabilité" des ressources.
Le modèle occidental
moderne de développement s'est avéré de plus
en plus insoutenable, se retrouvant fasse à des dysfonctionnements
de plus en plus criants : accroissement des inégalités
entre les individus et entre les pays au niveau socio-économique
et émergence d'une insécurité environnementale
(accidents industriels, catastrophes écologiques, dérèglement
du climat, crise de l'eau potable, etc.).
Jusqu'alors considérés
comme un support aux ressources inépuisables et susceptible
de retrouver son équilibre après toute perturbation,
la nature "immuable et sous contrôle", concept fondamental
du modèle occidental moderne fait apparaître chaque
jour un peu plus l'ampleur des traumatismes causés par le
sacro-saint Progrès.
D'idéologiques,
les mouvements écologistes de la seconde moitié du
20 ème siècle se politisent de plus en plus. Leur
audience limitée au départ est renforcée par
un sentiment croissant d'insécurité environnementale :
les dérèglements jadis les plus impensables deviennent
de plus en plus visibles, et les craintes pour l'environnement sont
renforcées par des catastrophes de plus en plus fréquentes
qui cristallisent toutes ces peurs (Amoco Cadiz en 1978, Bhopal
en 1984, Tchernobyl en 1986, AZF en 2001, etc.).
L'aboutissement de cette
remise en cause du modèle "tout économique" est le
concept de développement durable, d'abord apparu sous le
terme d'éco-développement en 1972, puis en 1980 dans
un rapport de l' UICN .
La consécration
de ce nouveau modèle est le Sommet de la Terre (Rio, 3-14
juin 1992), ou le développement durable est placé
comme pierre angulaire d'un nouveau partenariat mondial.
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