Communiqué du Président de la province Nord

Jeudi 7 mars 2019

Suite aux propos de Thierry Santa, tenus le 2 mars à l’hippodrome de Nouméa, dans le cadre du meeting de l’Avenir en confiance, selon lesquels « les discours indépendantistes sont prêts à sacrifier Doniambo et ses 800 emplois pour récupérer les titres miniers de la SLN afin d’alimenter les usines off-shore de la SMSP »,

Suite aux propos de Philippe Gomès rapportés par les Nouvelles Calédoniennes épousant le « modèle économique de la SLN » redirigé vers l’exportation et « la réorganisation du travail » sur « l’usine comme sur les mines »,

UN, je m’élève avec la plus grande fermeté contre l’instrumentalisation électoraliste mensongère, malhonnête et honteuse de L’Avenir en confiance visant à faire porter le chapeau de la crise de la SLN aux indépendantistes et à faire croire aux salariés de l’entreprise que les indépendantistes seraient prêts à sacrifier 800 emplois.

DEUX, je n’ai pas la mémoire courte et je rappelle que les difficultés inhérentes à la SLN découlent des choix de son actionnaire de référence, ERAMET qui, en 2016, contre l’avis de la STCPI et de son Président d’alors André Dang, a préféré l’endettement de la société plutôt que d’injecter les 63 milliards en augmentation de capital. Ce choix a été porté par ERAMET, l’Etat français via l’APE et … par Philippe Gomès.

TROIS, j’observe que les partis de la droite coloniale emboîtent le pas à la stratégie de ERAMET consistant à s’exempter de charges et de responsabilité et à faire payer à la Nouvelle-Calédonie et aux salariés un modèle obsolète :

  • en plaidant, au mépris des intérêts de nos populations, le bradage de 4 millions de tonnes de minerais bruts à l’exportation !
  • en demandant à ENERCAL de revoir ses tarifs à la baisse
  • en ayant obtenu à la charge de la Nouvelle-Calédonie une centrale électrique dont 80% de sa capacité sera dédiées à l’approvisionnement en énergie de Doniambo.

La politique « nickel » des partis composant la sainte alliance « loyaliste » se résume à un copier-coller de la stratégie d’Eramet. Or je rappelle que ces mêmes partis étaient aux affaires en 2011 et que le Gouvernement de la Nouvelle- Calédonie déclarait le 5.09.2011 à propos d’ERAMET qu’ « il ne se laissera pas imposer sa stratégie minière par de grands industriels quels qu’il soit ». Chacun appréciera la constance politique et le respect de la parole donnée.

Dans les circonstances actuelles, particulièrement grave pour les intérêts du pays et ceux des salariés de l’entreprise, je tiens à faire la mise au point suivante :

  1. L’intérêt de la Nouvelle-Calédonie dans le marché mondial du nickel, c’est d’être productrice de nickel-métal
  2. L’actualité récente a démontré que grâce à la doctrine nickel que nous préconisons, c’est Glencore qui paie la montée en puissance de KNS alors que dans le Sud c’est l’Etat français et la Nouvelle-Calédonie qui paient pour la SLN, sans parler de l’aide de l’Etat à Vale-Goro. Dans le même temps notre usine de Corée est compétitive…
  3. Je ne peux que m’interroger sur le ratio présenté par la SLN de 1 t sur 8 de manipulés destiné à l’enfournement à Doniambo, le reste étant exporté. Ce qui signifie maintenir Doniambo dans un statu quo mortifère et exporter 7 t sur 8 au quart de sa valeur transformée. Un vrai modèle de développement supposerait rebondir sur ce qui donnerait de la compétitivité à l’activité métallurgique et sur la destination du minerai non traité à Doniambo vers les usines offshores détenus par les intérêts publics calédoniens.
  4. J’ai déjà fait part à Eramet de mon opposition et j’ai indiqué à la SLN que j’étais disposé, dans ce cadre et dans cet esprit, à apporter ma contribution.