L'étang de Koumac au coeur des débats

Vendredi 26 avril 2019

Sophie Katrawi, chargée de mission Environnement marin auprès de la province Nord, a fait, mardi matin, la restitution des travaux d’Alison Laigle, étudiante en master 2 Gestion de l’environnement, portant sur un inventaire des espèces aquatiques présentes dans l’étang de Koumac.

« Quelles sont les grandes orientations de gestion de l’aire marine protégée de l’étang de Koumac, au regard de tout ce qui est pressions et enjeux existant sur cette aire, était la problématique que cette étudiante en stage au SMRA a traité », rappelle Sophie Katrawi, accompagnée d’une équipe du Service des milieux et ressources aquatiques (SMRA), en présence de Wilfrid Weiss, le maire, et d’Armande Duraisin, première adjointe, de techniciens du service des pêches de la Direction du développement économique et de l’environnement de la province Nord (DDEE) et de la brigade des gardes nature du secteur Nord. La chargée de mission a ainsi fait une restitution des travaux d’Alison Laigle, qui ont permis, au travers de pêches expérimentales, en octobre dernier, d’identifier la richesse spécifique des poissons et des crustacés fréquentant l’étang de Koumac - une saline d’environ 53 hectares, classée, en 1989, « réserve spéciale de faune » où la pêche est strictement interdite - d’en dresser un inventaire, et parallèlement, d’observer les diverses espèces d’oiseaux fréquentant cet étang.

Protéger l’étang et aménager ses abords

« Ces travaux doivent nous aider à définir nos orientations de gestion par rapport aux enjeux « poissons et oiseaux », souligne Sophie Katrawi. Nous dressons un bilan vraiment positif des travaux d’Alison Laigle, sachant que nous (SMRA), nous n’avions jamais fait d’études auparavant dans cet étang. Cet inventaire est vraiment un moyen d’en lancer la gestion qui représente pour la province un gros travail. »

La chargée de mission Environnement marin assure que « cela va nous permettre de définir les grandes priorités concernant cet étang : travailler sur tout ce qui est délimitations, un point qui n’est pas clairement défini, travailler sur tout ce qui est catégories d’aires marines protégées, sachant que l’étang de Koumac est, à l’heure actuelle, une réserve de nature sauvage, catégorie très contraignante. Avec les travaux réalisés par Alison Laigle, on peut envisager de faire des aménagements de la zone mais il faut modifier la catégorie dans laquelle elle est actuellement classée ». Wilfrid Weiss estime les travaux d’Alison Laigle intéressants. « Ce travail a permis de recentrer les choses concernant cet étang. Il permet de voir ce qu’on peut envisager, dans la mesure où un travail a été réalisé sur tout ce qui est poissons, crustacés, etc. Un rapprochement a également été fait avec une étude sur l’avifaune effectuée par la Société calédonienne d’ornithologie. On constate qu’il est important de préserver cette réserve et que, pour cela, il va falloir aménager les abords de l’étang. »

Une zone touristique

Des travaux qui vont amener la mairie à travailler en collaboration avec les services compétents de la province Nord, qui va poursuivre les études notamment sur la qualité de l’eau à l’intérieur de l’étang, dans la mangrove, etc. « Il va falloir que nous réfléchissions à l’aménagement des zones à l’extérieur de l’étang. Cela veut dire que dans le cadre du Plan d’urbanisme directeur si, demain, il y a une redéfinition des zones à protéger autour de l’étang ou s’il y a des zones tampons qu’il faudra laisser par rapport à l’urbanisation, je crois que c’est cela qui sera intéressant à définir », analyse le premier magistrat. En attendant, le plus important pour lui est de redéfinir la zone de l’étang et d’envisager dans quelle classification la cataloguer, dans le cadre du Code de l’environnement de la province Nord. « Cela va être très intéressant d’installer des points d’observation. La mairie avait en projet de faire un sentier pédestre autour de l’étang. Cela va peut-être être l’occasion d’en rediscuter et de voir dans quelles mesures on peut le faire sans perturber les animaux, avec des restrictions, des périodes d’accès… A terme, cet étang pourrait devenir une zone touristique. »

Les Nouvelles-Calédoniennes